Les challenges quotidiens d’une working girl du XXI -ème siècle

Au fur et à mesure que le temps passa, que le contexte socio-économique changea, d’un pays à un autre, il fallut s’adapter à de nouvelles réalités. La femme a su faire preuve d’énormément de polyvalence et ce, peu importe l’époque à laquelle elle a appartenu. Aujourd’hui une partie de la société semble avoir intégré que la femme ne se résume, ni ne se cantonne à un seul domaine.

De telles capacités d’adaptations viennent également avec des challenges qu’elles s’efforcent de relever chaque jour. Parlons maintenant des cinq défis d’une femme africaine, actuelle et polyvalente.

1- Se repositionner dans la société

Afin de s’illustrer dans des sentiers professionnels qu’on ne lui aurait pas imposé, la femme doit faire face aux regards des autres, justifier ses choix de carrière et même justifier son désir de vie professionnelle. Ici en Afrique, les mentalités sont encore moins épanouies que sur d’autres continents tels que l’Europe ou l’Amérique. Si une béninoise décide de se lancer dans le mannequinat, d’en faire son gagne-pain, elle recevra sans aucun doute de nombreux commentaires du style « et ton mari, il ne dit rien ? » ou encore « toi là, tu n’as pas honte de te trémousser sur un podium comme une petite fille ? ». En fait, une femme qui décide elle-même de son avenir professionnel est dans la majorité des cas placée dans la case « rebelle » « insoumise » parce qu’on se dit que la société appartient aux hommes et que le maximum de taches qu’une femme puisse accomplir se situent dans un foyer et nulle part ailleurs. Les premiers challenges d’une future écrivaine, mannequin, cadre, influenceuse web, politique se résument à assumer ses choix de carrière et à reléguer les regards qui ne comptent pas au dernier rang.

2- Trouver son équilibre en vie privée et vie professionnelle

Ce qui ne saute pas systématiquement aux yeux de la société, c’est le fait qu’une working girl puisse jumeler aisément vie professionnelle et vie privée. Et pourtant, c’est la réalité de nombreuses femmes en Afrique et au Bénin. Qu’elle soit entrepreneure ou employée la conciliation est souvent malaisée. Avoir des obligations professionnelles ne signifie pas qu’on ne devrait pas avoir une privée saine et remplie. A vrai dire depuis la nuit des temps, nos mères, sœurs et tantes relèvent assez bien le pari tous les jours. Ce n’est pas sans difficultés mais c’est faisable. Pour toutes les jeunes femmes qui désirent elles aussi emprunter ce chemin, sachez que la clé c’est bien l’organisation.

3- Se battre contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel

Et si on parlait maintenant d’une des plaies de nos administrations et de nos sociétés ? Le harcèlement sexuel semble être une sorte de bizutage, une situation à laquelle une femme ne peut se dérober dès qu’elle intègre le monde professionnel. Ce n’est pourtant pas normal d’exiger d’une employée qu’elle offre autre chose que ses capacités intellectuelles et ses aptitudes professionnelles. Elle n’a pas signé pour ça. Elle ne signe pas pour se faire tripoter, elle ne signe pas pour des afterwork coquins avec ses supérieurs et elle ne signe pas non plus pour recevoir des menaces à chaque fois qu’elle dira : NON ! Elle veut à contrario de la reconnaissance et du respect pour le travail qu’elle abat, elle veut gravir les échelons simplement à la sueur de son front, elle veut pouvoir dénoncer sans être jugée, les actes ignobles dont elle aurait été victime dans son environnement professionnel.

4- Surmonter les stéréotypes et s’adapter en permanence

Un défi qui ne sera relevé qu’en abattant une tonne de travail. Néanmoins, il faudra trouver la juste charge et ne pas laisser son côté perfectionniste prendre le dessus. En effet, les femmes ont tendance à vouloir en donner plus. Entrepreneures ou salariées, ce sont celles qui ont le plus de challenges à surmonter pour gravir les échelons ou bien pour obtenir des fonds. Elles se battent constamment, peut-être plus que leurs homologues masculins parce que peu importe leur parcours, la société sait très bien les réduire à leur physique ou encore associer leurs accomplissements à de la « chance ». Il faudra surmonter le stéréotype de la femme « trop intelligente », puis celui de la « pas très intelligente » et développer des capacités d’adaptation hors pair tout en restant fidèle à soi-même.

Ce que la femme travailleuse du XXI ème siècle attend de son époque c’est que l’on accepte tout ce qu’elle a de bon à donner, que l’on lui reconnaisse sa place importante dans l’essor de nos sociétés, que l’on ne la méprise pas parce qu’elle ne rentre pas parfaitement dans une case et surtout qu’on lui donne la chance de s’épanouir et d’endosser toutes les casquettes qu’elle voudra bien porter. Sans jugement aucun.

Par Jolyane RODRIGUEZ & Mélika TCHIAKPE